Le billard : Une histoire et un jeu d’expressions !

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Le billard est un peu ce que le ping-pong est au tennis. Il faut savoir qu’avant de devenir le vaste tapis vert que l’on connaît, le billard a été simplement la queue elle-même, la canne qui sert à pousser les boules. Le mot billard est dérivé de “bille”, dans le sens la bille de bois, ou le tronc d’arbre si vous préférez. En 1399 un billard n’était qu’un “bâton recourbé pour pousser les boules”. Le jeu lui doit son nom.

Au XV ème siècle le jeu se développe et au XVI ème il apparait à peu près sous sa forme actuelle. Sauf que la table, portative et placée sur tréteaux, comportait des trous et aussi des arceaux, dont a hérité le croquet. Ces trous, “en forme de poche”, s’appelaient des “belouses”, contracté en “blouses”.

Le billard de nuit c’est bien aussi !

Ok un peu d’histoire ça fait pas de mal ! 😁 Mais le billard c’est pas seulement un loisir mais c’est également un sport de haut niveau ! Savez-vous qu’il existe des termes techniques spécifiques ? Non ?! Ça tombe bien, cet article va vous aider à les connaitre et les passer tous en revue pour ne pas trop être largué quand vous suivrez une compétition à la télé ou même si vous jouez avec des pros !


Être blousé


Dès qu’il y a des trous quelque part, on a tendance à y voir paillardise… et de ces belouses, où entraient les boules, au sexe de la femme il n’y a qu’une queue, si vous voyez bien !

Il s’établit ainsi un double sens coquin sur belouse, blouse et blouser qui a cheminé en sous-langue, et dont il reste des traces plus ou moins conscientes encore aujourd’hui dans des phrases comme : “Il lui en a mis plein la blouse”. On pense qu’il s’agit du tablier mais maintenant vous savez qu’il n’en est rien !


Dévisser son billard


En tout cas, au XVII ème siècle, le billard a prit un véritable envol et était à la mode dans la cour de Louis XIV. L’enthousiasme pour le jeu provoqua même un premier recul de la pratique du jeu de paume dans la noblesse et le billard se répandit partout !

Or les queues, les billards donc, étaient des cannes légèrement recourbées et évasées vers le bout portant sur la boule ce “bout” qui est précisément la “queue” du billard de l’époque.

Queue de billard ! L’outil de travail du billardiste !

Les queues droites et modernes d’aujourd’hui, à bout mince et habillées de cuir portant le nom de procédé, ne datent que du siècle dernier. Elles ont permis par l’étroitesse de leur pointe, d’affiner le jeu en inventant les différents effets, à droite, à gauche et rétrogrades, mais beaucoup d’entre elles se vissent et dévissent toujours !

Ainsi, la métaphore argotique apparaît au XIX ème où “Dévisser son billard” vous faisait démonter la queue, la ranger, et quitter la partie…. définitivement.


Bille en tête


Foncer bille en tête c’est, au sens concret, foncer la tête en avant, à la manière des joueurs de rugby ! Le pléonasme de la phrase est amusant car la “bille” étant précisément la “tête”, mais elle est la tête comme aussi la boule, à cause de la “bille de billard”, chauve comme chacun sait. Vous me suivez toujours ?

Chabal, un garçon qui s’engage “bille en tête” !

Sur le tapis vert, frapper bille en tête, c’est frapper la bille en plein centre, sans lui donner d’effet, de sorte à lui fournir toute sa puissance. Par un second degré dans la métaphore du joueur de rugby en action, on dit qu’un homme s’est engagé en affaires bille en tête, c’est-à-dire franchement, sans hésiter ni même réfléchir suffisamment, avec une certaine imprudence. On évoque alors une détermination un peu butée, en même temps que la rapidité d’action.


Toucher sa bille


C’est être compétent en quelque matière que ce soit : “Lui, il touche sa bille en mécanique !”. Normalement, il s’agit au départ d’un commentaire admiratif au sujet de la virtuosité d’un joueur de billard : il touche sa bille, il la maîtrise absolument, il en fait ce qu’il veut. Le maestro quoi !


Passer ou rester sur le billard


Sans doute une des expressions les plus connues relative au billard ! Evidemment, aucune partie n’est jouée sur ce billard là, si ce n’est que celle de la vie de celui qui y est ! 😂

Au cours de nombreux conflits, la grande et large table au tapis vert était régulièrement utilisée comme table d’opération. Selon une anecdote datant de la guerre franco-prussienne de 1870, le café des Soquettes à Sedan se serait transformé en hôpital provisoire. Les blessés du champ de bataille, dont le maréchal Mac-Mahon, auraient été soignés sur les tables de billard du restaurant.

Et toi, tu es déjà passé sur le billard ? Ou en dessous ?

Pendant la Première Guerre mondiale, le terme billard réapparaît dans l’argot des Poilus avec un sens différent. Selon le linguiste Gaston Esnault, les soldats appelaient “billard” l’espace vide entre les deux lignes de front, le no man’s land entre deux tranchées.

“Monter sur le billard” signifie alors le fait de passer à l’attaque en sortant de sa tranchée. Ainsi ceux qui mouraient dans cette zone « restaient sur le billard » tandis que ceux qu’on devait opérer sur place « passaient sur le billard ». 😉


C’est du billard !


Cette expression serait aussi issue des tranchées au cours des derniers mois de la Première Guerre mondiale. Elle qualifiait les courses des soldats sur terrain plat quand ils parvenaient au but sans essuyer le feu des ennemis. En effet, l’expression fait référence à la boule qui roule sans rencontrer d’obstacle sur le tapis en feutre des billards.

Juste après la guerre, l’expression est devenue populaire dans le milieu cycliste. Elle caractérisait les actions d’éclat des grands champions qui filaient en tête (peut-être même bille en tête !) sans jamais rencontrer d’opposition véritable. C’est par la suite, au milieu du XXe siècle, qu’elle est entrée dans le langage courant.

Et oui ! Easy peasy !


C’est bon le billard n’a plus de secrets pour vous ! Vous pourrez maintenant frimer devant vos amis en sortant tout un tas d’expressions. Si vous en avez d’autres à nous partagez, n’hésitez pas à utiliser l’espace commentaire. Vous pouvez également donner votre point de vue sur l’ensemble de l’article et lâcher un ptit pouce ça fait toujours plaisir ! Sûr ce moi je vous laisse et je fonces tête en bille sur un prochain article ! A très bientôt sur Luminews.fr !!!



Sources : Claude Duneton “La puce à l’oreille” éditions Balland, Ministère des Armées.

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