Liverpool FC : Le retour de l’âme rouge

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Liverpool est l’un de ces clubs mythiques capable de soulever les foules du monde entier depuis sa création en 1892. Il s’inscrit dans une cité portuaire du Nord-Ouest de l’Angleterre et au bord de la Mersey, le fleuve qui se jette dans la mer d’Irlande. Souvent associée à l’histoire des Beatles, cette ville populaire et multiculturelle ne cesse de vivre le foot comme un exutoire des problèmes de précarité qui subsistent dans les banlieues.

Les « scousers », comme sont appelés les habitants de la ville en rapport à leur accent, ont rapidement créé un lien indescriptible envers leur club. Et comme le symbolise bien le fameux « You’ll never walk alone » entonné avant chaque début de match par plus de 53 000 fans dans le stade d’Anfield, l’antre des Reds.

Le club, récemment titré du championnat anglais dans des conditions particulières en raison de la crise sanitaire, a renoué avec le bonheur après une trentaine d’années douloureuses tant sur le plan sportif qu’humain. Retour sur le palmarès du club qui vient de fêter ses 128 ans d’histoire cette année.


Une histoire riche en titres


Le club s’est forgé un palmarès impressionnant tout au long de son histoire, à commencer par un championnat d’Angleterre remporté en 1901. Et seulement trois années après la montée de l’équipe en première division. Ce titre précède cinq décennies de hauts et de bas, avec quelques beaux parcours en coupe sans vraiment réussir à imposer sa domination sur le football anglais.

Il faut attendre les années 60 et le début de l’ère Shankly, coach écossais qui prend les rênes de Liverpool en 1959 (à ce moment-là en seconde division) pour donner une autre dimension au club de la Mersey. Bien que dans un état structurel déplorable avec un stade d’Anfield et un terrain d’entrainement (Melwood) très vétustes, le club se construit sur la base d’exigences professionnelles plus importantes avec lui. Tant sur le plan tactique que sur le travail quotidien des joueurs.

Les Reds obtiennent alors deux titres nationaux en 1964 et 1966, le fruit d’un travail conséquent à une époque où le rival Everton marquait sa suprématie sur le plan national.

Kenny Dalglish inscrivant le but gagnant face à Chelsea (1-0) à Stamford Bridge en 1986 et offrant le titre de champion d’Angleterre aux Reds

Liverpool commence à se faire un nom sur la scène continentale. La prise en main de l’équipe par Bob Paisley, ancien défenseur de renom, puis par Joe Fagan vient confirmer la supériorité du club avec 4 coupes des clubs champions en 1977, 1978, 1981 et 1984. On y voit des joueurs emblématiques de l’époque comme Kevin Keegan, attaquant considéré comme l’un des meilleurs attaquants anglais du siècle ou encore Kenny Dalglish, passé entraineur-joueur en 1985. Surnommé King Kenny par les supporters, l’ancien attaquant écossais était très apprécié du kop par son style de jeu et son attitude sur et en dehors du terrain.

Les années qui suivent sont moins fructueuses et le club aux 19 championnats d’Angleterre a subi par la suite une vingtaine d’années compliquée.


Des événements tragiques


En pleine suprématie depuis plusieurs années et après une victoire en coupe des clubs champions en 1984, Liverpool subit deux drames qui ont marqués les fans du club. Le premier en 1985 lors de la finale de cette même compétition face à la Juventus de Turin, où un mouvement de foule conduit à l’effondrement d’une tribune du stade du Heysel à Bruxelles, et entraînant la mort de 39 personnes. Cet événement responsable de hooligans britanniques (très présents à l’époque) suspend le club pour 6 ans de compétitions européennes.

Une autre tragédie intervient quatre ans plus tard : le drame d’Hillsborough. A l’occasion de la demi-finale de coupe d’Angleterre entre Liverpool et Nottingham Forest, des dizaines de milliers de supporters des Reds se déplacent pour assister au match dans le stade situé à Sheffield, dans le nord du pays.

Peu avant le match, plusieurs milliers de supporters sans billet, voulant accéder de force au match, ont provoqué un écrasement de foule en tribune, où les premiers arrivés se sont retrouvés étouffés. Conséquence, 96 personnes ont perdu la vie asphyxiés pendant même que le match était en train de se jouer (sans aller à son terme) dans la plus totale incompréhension !

Des enquêtes ont tenté de déterminer les causes de ce drame, où les supporters et la police ont tout deux étaient remis en cause. Cet événement reste le plus tragique vécu par le football britannique encore aujourd’hui. Un mémorial a été crée aux abords d’Anfield pour rendre hommage aux victimes du 15 avril 1989.

“The Hillsborough memorial” à l’extérieur du stade d’Anfield

Liverpool FC – Milan AC 2005, une finale historique


Après 15 années de performances irrégulières, un match à la saveur particulière ressort : la finale de la ligue des Champions 2005 remportée face au grand Milan AC de Carlo Ancelotti ! Le club misait gros sur ce match pour renouer avec un titre européen.

Le Liverpool de l’époque était emmené par le fameux milieu anglais Steven Gerrard, véritable icône du kop. Considéré un temps comme le meilleur joueur mondial, il semblait impensable de ne pas le voir soulever un trophée européen avec les Reds. Il a même songé une des rares fois de sa carrière à quitter le club le précédent été, insatisfait des progrès de l’équipe. Sa vision du jeu, sa qualité de passes et ses fameuses transversales longues que tout le monde connait, ont fait de lui un joueur très apprécié, en plus de sa personnalité attachante.

Le match fut légendaire et un scénario mémorable pour tout les amoureux de la compétition ! La première mi-temps a été largement dominée par les milanais en prenant un avantage de 3 buts à la pause. Paolo Maldini, Hernan Crespo ou encore Kaka ont véritablement donné le tournis aux défenseurs des Reds.

La suite on la connait, une véritable “remontada” comme on pourrait appeler ça aujourd’hui ! En l’espace de seulement 6 minutes, les hommes de Rafael Benitez rattrapent leur retard, notamment sur une réduction de l’écart de la tête de l’inévitable… Steven Gerrard à la 54e.

Puis sur une frappe puissante de Smicer et un pénalty conclu en deux temps par l’espagnol Xabi Alonso. Les prolongations ne changent pas l’évolution du score, c’est donc la séance de tirs aux buts qui allait rendre son verdict. Une séance d’anthologie où Dudek (le gardien des Reds) repoussa les tirs de Pirlo et Chevtchenko, alors que le français Djibril Cissé, entre autres, transforma le sien permettant à Liverpool de remporter le titre (3-2 aux tab).

Steven Gerrard, accompagné de ses coéquipiers, soulevant la ligue des champions 2004-2005

Et après, on fait quoi ?


Après cet épisode glorieux, Liverpool concède par la suite des résultats peu convaincants malgré d’autres beaux parcours en coupe d’Europe. Les supporters s’agacent et le club se retrouve vendu en 2010 à un groupe d’investisseurs américains, aujourd’hui nommé Fenway Sports Group.

Le club investit sur de gros joueurs comme Luis Suarez, puis par la suite Raheem Sterling et Daniel Sturridge pour renforcer son attaque. Une équipe compétitive se construit et c’est durant la saison 2013-2014 que cela porte ses fruits, avec une seconde place surprise en championnat derrière Manchester City, alors que l’équipe stagnait auparavant en dessous des places européennes.

Les Reds forment à cette époque une attaque de feu autour du leader technique brésilien Philippe Coutinho et pratiquent un jeu plaisant tourné vers l’offensif. Malheureusement, la saison qui suit est plus décevante avec une 6e place en championnat et une élimination en 16e de finale Europa league face au Besiktas (après avoir été reversé de ligue des champions). La vente de Luis Suarez au FC Barcelone durant l’inter-saison sera rendue en partie responsable de cet échec.

Luis Suarez has always left the door open for a Liverpool return ...
Philippe Coutinho et Luis Suarez après un but

L’attaquant uruguayen avait un rôle considérable au sein du club à travers sa qualité de buteur et sa capacité à faire jouer ses coéquipiers, Ses statistiques durant la saison 2013-2014 le démontre bien : 31 buts et 12 passes décisives en 33 matchs de Première League ! Cela a conduit l’entraîneur de l’époque Brendan Rodgers a changer plusieurs fois de suite son organisation tactique (passant du 4-3-3 au 3-4-3), sans vraiment trouver des solutions. L’achat de l’enfant terrible du football italien Mario Balotelli durant l’été 2014 n’a pas fait oublier le transfert de Luis Suarez. Ce dernier n’ayant inscrit qu’un petit but en 16 matchs de Première League disputés.

Face à la difficulté de l’équipe à jouer les premiers rôles en championnat et au manque de régularité, la direction a décidé de se séparer en début de saison suivante du coach nord-irlandais suite à un match nul médiocre face au rival Everton (1-1).


L’ère Klopp, le retour au sommet


Pour remplacer Brendan Rodgers, le club décide d’engager Jurgen Klopp, libre depuis qu’il a quitté le Borussia Dortmund en fin de saison 2014-2015. L’arrivée du coach allemand à la tête de l’équipe en octobre 2015, réputé pour faire jouer ses équipes avec un style de jeu assez offensif, a suscité un engouement exceptionnel autour du club. La nomination du coach allemand sonne comme un véritable changement en comparaison des techniciens précédents.

L’alchimie de cet entraîneur avec le peuple rouge ne pouvait que fonctionner. Rigoureux et attachant, Jurgen Klopp a vite séduit sur les bords de la Mersey, à tel point que l’on pouvait apercevoir des écharpes à son effigie dans les tribunes d’Anfield. Les joueurs ont facilement adhérer à sa façon très exigeante de manager, où chaque joueur doit participer aux phases offensives et défensives du jeu. L’entraîneur n’a eu de cesse d’insister sur le pressing permanent de l’adversaire après la perte du ballon, qui est sa marque de fabrique.

Sa capacité à faire progresser les joueurs peu connus à l’époque tel que Roberto Firmino, Georginio Wijnaldum ou encore ceux du centre de formation comme le jeune latéral droit Trent Alexander-Arnold, a permit à Liverpool de franchir un cap. Klopp a su également bonifier les grosses qualités individuelles de Mohammed Salah et Sadio Mané au service du collectif.

Liverpool a aussi recruté le défenseur néerlandais Virgil Van Dijk pour une somme record d’environ 84 M d’€ à Southampton, faisant de lui le transfert le plus onéreux pour un défenseur. Le club avait véritablement un manque à ce poste pour pouvoir prétendre à plus haut. Par la suite, le joueur va vite devenir indispensable et être l’un des meilleurs défenseurs du monde sur la saison 2018-2019 avec des statistiques impressionnantes, puisqu’il n’aura jamais été dribblé une seule fois en 36 matchs de championnat (très rare pour le souligner!).

Le titre en ligue des champions obtenu face à Tottenham en juin 2019 a concrétisé trois ans et demi de bon travail du club. La remontada face au FC Barcelone en demi-finale de la compétition le 7 mai 2019 symbolise totalement l’esprit que le coach allemand a insufflé à ses joueurs. A savoir ne jamais s’avouer vaincu quoiqu’il advienne. Après avoir concédé une lourde défaite (3-0) au Camp Nou au match aller, les hommes de Klopp avaient su renverser la vapeur au match retour à Anfield en écrasant 4-0 le Barça de Lionel Messi.

La presse s’enflamme après la remontada de Liverpool (vidéos)
La joie de l’attaquant des Reds Divock Origi après le 4e but inscrit face au FC Barcelone à Anfield (4-0)

Objectif Première League !


Après une saison 2018-2019 déjà exceptionnelle avec une 2e place en Première League et une ligue des champions en poche, les ambitions du club ne pouvaient être moindres. Le championnat d’Angleterre était l’objectif numéro 1, perçu pour les supporters comme le trophée le plus important à remporter tellement la concurrence est énorme Outre-Manche. L’équipe était même taillée pour bien figurer sur tous les tableaux, avec un effectif peu remanié et des automatismes déjà bien présents entre les cadres de l’équipe.

C’est ainsi qu’elle a rapidement écrasée le championnat en enchaînant victoire sur victoire avec une régularité impressionnante, à domicile comme à l’extérieur. En plus des résultats, la capacité a développer un jeu de qualité rendait les matchs encore plus beaux à voir.

Liverpool a donc été officiellement champion de Première League avant la 32e journée, ce qui n’a jamais été réalisé dans l’histoire de la compétition. Le reste des matchs disputés a huis clos a été marqué par deux faux pas face à Manchester City (défaite 4-0) et Arsenal (défaite 2-1), dans des conditions particulières avec un enchaînement de matchs tous les trois jours et des organismes plus émoussés.

Les joueurs célébrant le titre en championnat dans un Anfield à huis-clos, après la victoire 5-3 face à Chelsea le 22 juillet dernier

Cela les empêchant de passer la barre record des 100 points en une saison détenu par le Man City de Guardiola sur la saison 2017-2018. Toutefois, les hommes de Klopp ont quand même fini avec 99 points au compteur et 18 d’avance sur leur dauphin les Citizens !

Avec ce titre, le club de Liverpool détient à ce jour 19 championnats d’Angleterre, 7 coupes nationales et 6 ligue des champions (coupe des clubs champions anciennement), faisant de lui l’un des clubs les plus titrés au monde.


Une ferveur incroyable dans un stade mythique


A Liverpool, le football est considéré comme une véritable religion. C’est l’un des principaux attraits de cette ville industrielle avec la popularité des Beatles (galerie d’arts, musées, bars). Il faut rappeler que la cité a été touchée par de nombreux bombardements durant la seconde guerre mondiale : Liverpool était à l’époque une cible privilégiée par le développement de son activité portuaire.

La moitié des habitations fut détruite en sortie de guerre, entraînant une reconstruction importante de la ville dans les années 50-60. Une bonne partie de la population a donc souvent vécue dans la précarité, où le football avait un rôle considérable pour oublier le travail et les moments difficiles.

Aujourd’hui, on devient supporter des Reds de génération en génération. Les anciens transmettent la passion aux plus jeunes. Bien sûr, beaucoup de communautés de fans du club se sont développées, que ce soit en Grande-Bretagne ou à travers le monde. L’histoire que le club s’est forgé a facilité l’apparition de ce “supportering mondial” avec de nombreuses associations de supporters crées. Mais c’est surtout la mentalité et l’image que le club renvoi par son ambiance qui attire les fans.

Pour les Liverpuldiens qui supportent le club et vivent dans la cité, la rivalité avec le club local d’Everton (quartier de la ville et ennemi juré de Liverpool) est très présente. Elle peut facilement être source de conflits familiaux lorqu’un des membres d’une même famille supporte l’autre club ! 😂

Le derby entre les deux équipes chaque saison donne souvent lieu à des matchs très engagés, avec une pression énorme mise par les supporters des deux équipes. Il s’agit des deux dates annuelles que cochent en premier les fans dès l’annonce du calendrier de la saison à venir ! C’est aujourd’hui encore un des plus chauds derbys d’Europe, en tout cas celui qui à le plus de charme quand on sait que moins d’un kilomètre sépare Anfield du Goodison Park (le stade d’Everton).

Quand c’est jour de match, tu le ressens ! Les bars affichent complets, les supporters convergent tous très tôt au stade pour manger fish and chips, boire une (ou plutôt plusieurs !) bière(s) en famille ou entre amis, et parler de foot. Tout le monde est aux couleurs du club, du maillot de leur “Egyptian King” Mohammed Salah, en passant par le maquillage rouge et l’écharpe au slogan du club ou en l’honneur du coach Jurgen Klopp.

Et quand on pénètre dans l’enceinte, on tombe tout de suite amoureux du caractère que renvoie ce stade fermé, typiquement anglais et ses couloirs étroits. Et bien sûr en entrant en tribune, une ambiance extraordinaire dans un stade toujours plein (classique en Angleterre). Des chants qui raisonnent fort en l’honneur du club, de ses joueurs et de ses supporters toujours fidèles.

Après avoir déjà été agrandi en 2016, le stade va subir une autre extension l’année prochaine (2021) pour étendre le nombre de places de la Anfield Road stand (la plus petite tribune, où se trouve également les supporters visiteurs). La capacité passerait aux environs de 61 000 places assises après la fin des travaux prévus en 2023, offrant plus de possibilités aux supporters.

Tout le stade d’Anfield étant pratiquement rempli d’abonnés du club, il est très difficile d’assister à un match des Reds, si ce n’est qu’en mettant la main à la poche sur un site de revente de billets ! Il n’empêche qu’assister au célèbre « You’ll never walk alone » d’avant match à Anfield, ça n’a pas de prix ! Deux minutes trente de frissons garantis, écharpes brandies, pour des paroles qui témoignent de l’amour des fans pour le club qui ne marchera jamais seul.

Vidéo du club retraçant des moments marquants de cette saison


En espérant vous avoir fait voyager dans l’histoire de ce club si spécial. Une fois n’est pas coutume, je vous invites à partager vos avis et vos points de vue sur le sujet pour échanger entre supporters (ou non) des Reds. Il ne me reste plus qu’à vous laisser et à vous inviter à lire les chroniques des camarades !!! A bientôt sur Luminews.fr !! Et n’oubliez pas : You’ll never walk alone !

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