Mother ! : Le palais de la fantaisie

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Bonjour à toutes et tous ! Aujourd’hui, Seb Le Dude et Flo proposent leurs analyses et leurs critiques de l’un des films les plus détestés de 2017 ! Mais pourquoi ? C’est bien ce à quoi nous allons essayer de répondre dans cette chronique un peu spéciale. Un conseil, n’attendez rien de ce film avant d’aller le voir car vous serez forcément déçu. Laissez-vous juste emporter et ayez votre propre jugement.

Attention comme toute analyse de film, cette chronique contient sa dose de SPOILERS !! Donc si vous souhaitez regarder ce film et garder le secret, passez votre chemin et revenez plus tard ! 😁


Pas de scénario ? Pas grave on s’en passera !


Tout d’abord, Seb Le Dude voudrait remercier In The Penda, youtubeur donnant bien souvent de bons conseils filmographique. Et quel conseil ! Il parlait d’un film ne rendant pas indifférent, notable et inclassable. Il ne peut que rejoindre son point de vue. Ce film ouvre clairement à la réflexion !

Il est donc vain de classer ce film (peut-être un thriller psychologique ? 🤔), et c’est mieux comme ça ! La bande annonce ne donnant aucune information. Là aussi ce n’est que mieux ! On ne sait pas si c’est un parti prit du réalisateur mais au premier abord, la bande annonce ne rend pas du tout hommage à l’œuvre, sûrement pour ne rien révéler. D’ailleurs comment peut-on faire une bande annonce de ce genre de film ? Les trailers servent à donner envie au public d’aller voir le film, de part les actions, les personnages, mais là c’est tout autre, on est plus intrigué qu’autre chose.

C’est pour cela que ce film est une affaire de connaisseur, de préemption. On n’y vient part du conseil, du bouche à oreille. Cette première difficulté à venir au film reflète le scénario, difficile est un mot approprié à son égard. Et ça fait du bien, bordel que ca fait du bien qu’un film nous mène par le bout du nez du début à la fin. Ce film nous emporte, à l’image de “l’échelle de Jacob”, dans son monde.

Le début est à l’image de la bande annonce, quelconque, insipide, montrant la vie d’un poète accaparé par sa création et sa femme en quête de stabilité, de bonheur. Une histoire d’un couple aussi banal qu’ennuyant. Mais en réalité et à l’aune de l’intégralité du film, cette relation apparaît bien plus profonde voir insondable, dépassant bien largement cet amour.


Un casting à la hauteur du chef d’œuvre ?


On ne sait pas si c’est un coup de génie ou un coup de folie de la part du réalisateur Darren Aronofsky se demande Flo, mais toujours utile que ce film ne nous laisse pas indifférent et nous prend littéralement aux tripes ! Aronofsky a quand même réalisé un bon nombre de films (et de qualité ! 😉) comme “Requiem for a Dream”, “The Mountain” et surtout “Black Swan” avec Natalie Portman, qui se rapproche le plus du film Mother! d’ailleurs.

Le casting est également exceptionnel avec un impeccable et convaincant Javier Bardem (Escobar, Skyfall, No Country For Old Men) qui campe à la perfection son rôle de poète tourmenté et en manque d’inspiration. Et que dire de la sulfureuse Jennifer Lawrence qui joue de façon magistrale une femme au foyer espérant retrouver une vie normale. Mais rien ne va se passer comme prévu…

L’acting de Jennifer Lawrence est d’une justesse implacable et signe une prestation XXL méritant un oscar au passage ! On se rappelle qu’elle a joué dans de nombreux grands films, on citera notamment Passengers avec Chris Pratt en 2016, le thriller Red Sparrow en 2018, la célèbre Mystique dans les films X-men, ou encore et surtout le personnage de Katniss Everdeen dans Hunger Games en 2012. Elle provoque des émotions et est capable de jouer n’importe quel rôle !

Si calme et paisible !

Les plans dans ce film sont habilement utilisés pour le montrer. On a clairement un seul point de vue du film car tout est filmé suivant celui de Jennifer avec des gros plans qui rendent l’ambiance un peu claustrophobe. Elle est tout le temps présente dans les scènes du film (fin quasiment à quelques exceptions près). C’est par elle qu’on perçoit le film et l’esprit mental de ce qu’elle vit. Tout est vu par elle et la destruction.

Au fil des péripéties, la création artistique du poète renaît et retrouve son inspiration grâce à sa femme qui n’est autre que sa muse. Elle devient un petit joyau non seulement aux yeux de son mari, mais également aux yeux de tous (les autres, les humains dévastateurs)


Les symboliques et les interprétations du film


A partir de maintenant on va passer aux choses sérieuses !! Nous allons entrer dans l’interprétation du film, très subjective et personnelle par définition. Seb Le Dude, après deux visionnages (ah oui quand même ! 😀) nous révèle que ce qui est très fort avec ce film c’est qu’il fait débat et vient chercher au plus proche de chacun, de ce que l’être est constitué, notre soi. Il nous plonge dans l’abîme de notre humanité. De notre surface simple et tranquille jusqu’à notre humanité la plus sombre. A ne pas regarder si vous êtes en proie à la dépression ! Car le film nous immerge implacablement dans l’inutilité de notre existence.

Pour Seb Le Dude, la maison est la terre, la femme est Gaïa et le poète est dieu. Il va développer son propos, ne vous inquiétez pas 😉

Le film se déroule intégralement dans la maison, nous ne verrons pas une seule autre maison. Cette dernière est entourée d’herbe et isolée de tout. La femme tente, avec beaucoup de brio au début, de réparer et embellir la maison. Elle en fait un sacerdoce. Nous comprenons qu’elle restaure la maison après un incendie. Nous en reparlerons plus tard. 

La destruction VS La création de la vie

Mais plus l’intrigue avance, plus la restauration est abîmée voire détruite par l’invitation, puis l’intrusion de personnages extérieurs. Que je nommerais Humain. Nous voyons une tranche de vie de l’humanité avec ses bons et surtouts ses mauvais côtés. L’Humain est à peine toléré par la femme. Méfiante, elle souhaite garder son amant près d’elle. Quant au poète, il ne pense qu’à sa poésie, négligeant sa femme et cherchant l’approbation et la dévotion de l’Humain.

Le tout est nimbé d’irréalisme, d’incohérence, de dissonance. Cela n’est pas très palpable au début, d’où cette confusion avec un huis clos amoureux. Délicatement mais sûrement la dissonance gagne du terrain. Et notre perception du film dérape de plus en plus. C’est là qu’est le génie de ce film ! Nous essayons à chaque dissonance sociétale de trouver une explication, nous tentons d’échafauder des théories en cours de visionnage, mais souvent nous restons désarmés. Le réalisateur joue avec nos nerfs et le fait très bien !

Le couple a un enfant, qui vient au monde au moment où l’Humain envahi la maison et où commence à régner le chaos. Le poète étant empreint de bonté et d’optimisme parfois déplacé, voit en cet enfant un nouvel outil de dévotion pour l’Humain, permettant de rassembler et porter un message de paix. La femme fait tout ce qu’elle peut pour ne pas lâcher son enfant à ces sauvages d’Humains. Et ce qui devait advenir, advient. L’enfant fut sacrifié par la bêtise de l’Humain.

Jennifer Lawrence : la mère nature qui donne la vie !

Flo voit une autre illustration du propos : Ne pourrait-on pas voir dans cette symbolique une allégorie de la vie et la mort ? Ou serait-ce une personnification de la nature et d’Adam et Eve ? La mère qui donne naissance à la vie et son cycle au fur et à mesure que l’enfant se fait dévorer par les humains, envahisseurs de la terre sacrée.

En effet, chaque personnage porte un symbole et une allégorie : la référence biblique se fait ressentir lorsque Javier Bardem retrouve l’inspiration, c’est celui qui crée, façonne cette terre et cette Mère, il est vu comme un prophète donnant l’espoir. C’est une allégorie de la religion. Il offre la vie à ses disciples, ses fidèles.

Dieu tout puissant ! 😁

Jenifer Lawrence, quant à elle, est la création de Javier Bardem qu’il partage à la société avide et soif de sang, mais également la création de la vie. La Mère nature, le fruit de la création divine, de l’enfant Dieu ! En effet la création artistique et la création de la vie sont connotées et traitées dans un même élan. Javier Bardem pompe l’amour de Jennifer (elle lui donne son cœur quand même à la fin !) pour créer et rester inspiré. Elle offre ses ressources, mais au lieu d’êtres choyées et bercées, elles sont arrachées et disputées comme un vulgaire bout de viande !

Le couple, joué par Ed Harris et Michelle Pfeiffer, représente respectivement Adam et Eve. Deux intrus qui arrivent, sans gêne, dans ce qu’on pourrait appeler “le jardin d’Eden”. Des individus qui peuplent la terre et se voient irrespectueux de ce que leur offre Mère nature : son hospitalité. Et la maison ne fera que se remplir de ce genre d’Humains, comme pour représenter une forme de surpopulation. Une véritable critique de la société actuelle, dévastatrice, individualiste, égoïste et sans partage : tout est dit ! Nous humains, destructeurs de la planète, jusqu’au jour où la nature reprendra ses droits !

Une autre référence biblique c’est aussi cette pierre que le poète interdit de toucher. Malgré ça, Michelle Pfeiffer brave l’interdiction pour admirer cette dernière mais la fait tomber. 😱 On peut en effet voir cette pierre comme le “fruit défendu” que croque Eve (et donc La Femme).


La fin du film, quel message ?


Le film se termine comme il a commencé, avec la destruction totale de la maison par les flammes engendrées par la colère de la femme. Femme qui “meurt” en ne laissant qu’à la place de son corps, un diamant aussi parfait que fragile. Le poète recommencera le cycle de la maison, de la femme et de l’Humain indéfiniment ? Ne verrait-on pas là le cycle de la vie ? Un éternel recommencement ? Comme une impression de le voir dans un purgatoire dans lequel il n’arrive pas à s’échapper.

Ce métrage nous montre beaucoup de violences ! L’horreur arrive au fur et à mesure du film et là où on l’attend pas. Comme le souligne parfaitement Seb Le Dude, le cas de l’enfant est cathartique et emprunt d’horreur dans son traitement. Ce dernier est même perplexe au sujet de l’enfant. Il est aisé de faire le parallèle avec des prophètes de certaines religions monothéistes comme Jésus par exemple. Dieu et la terre ont enfanté le prophète sacrifié par l’Humain. Un chemin jusqu’à la crucifixion qui voit le bébé se faire dévorer par le démon, le mal incarné. Cette allusion au diable et l’enfer se manifeste dans la colorimétrie en fin de séance avec la couleur rouge qui se veut prédominante et prononcée.

Seb Le Dude l’avoue : ayant un enfant en bas âge, la scène du sacrifice de l’enfant l’a traumatisé. Cette scène révèle le film, son sens profond. L’humanité est néfaste.

La détresse de Jennifer Lawrence devant cette vague de destruction 😥

C’est d’une tristesse insondable. Cela nous met mal à l’aise face à nous-même, face à notre soi et à notre humanité. Tout le propos du film repose sur ce questionnement, sur cette “prise de conscience”. Le film nous crache à la gueule, nous spectateur, nous Humain médiocre. Et le pire, c’est que le film laisse à penser que cela s’est déjà passé au moins une fois voir bien plus… Une sorte de fatalité. Tout est déjà écrit d’avance et nous, être sachant et pensant, nous ne sommes que les marionnettes de ce temps. Même Dieu ne maîtrise rien, il ne maîtrise pas le temps, donc il ne maîtrise pas le cours des événements. C’est une vision très bouddhiste de l’existence. 

Ce film nous embarque dans l’étrange puis la folie, puis l’horreur, pour finir par le néant. Il passe d’une scène de vie banale à un questionnement métaphysique très profond. D’une scène de bonheur simple à une tristesse sans commune mesure, on chavire complètement et c’est ce qui fait la force de ce métrage !



Seb Le Dude pense qu’il faut comprendre le film d’une façon symbolique et ne pas s’intéresser au scénario car clairement il n’y en a pas ! Comprendre le sens du film.

Un chef d’œuvre ou une folie du réalisateur ? En tout cas on sort de ce film avec une émotion, une boule au ventre, comme choqué et estomaqué par ce que l’on vient de voir. Un film qui ne sera pas à la portée de tout le monde bien évidemment mais qui est vraiment symbolique ! Flo rejoint Seb Le Dude sur ce coup, Il faut vraiment aller au-delà du film à proprement parler.

Mother!, un film qui part dans tout les sens mais que la rédac’ vous suggère de voir absolument si ce n’est pas déjà le cas !! C’est tout pour aujourd’hui. En espérant que cette analyse vous ai plu et vous a fait réfléchir sur le film. N’hésitez pas à partager votre point de vue et donner votre vision critique dans l’espace commentaire. On se revoit très vite ! A bientôt sur Luminews.fr !

Flo

Sébastien Le Dude
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