Technologies : Les innovations du futur #2

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Et nous revoilà pour le deuxième opus concernant les technologies du futur. L’innovation est au cœur de notre quotidien et nous cessons d’accroître nos connaissances. La technologie prend un essor considérable dans le monde professionnel et personnel depuis plusieurs années. Aujourd’hui on va parler de cette nouvelle technologie d’avion qu’est le drone et de ses différentes applications. On va également s’attarder sur une innovation qui pourrait radicalement changer le monde maritime de demain.


Le drone : un siècle d’histoire !


Si le début du 20ième siècle est marqué par la mise en circulation des premiers avions motorisés, celui du 21ième est tout autre et voit le développement de nouveaux engins volants : les drones.

Mais ne vous êtes-vous jamais demandé comment avaient-ils vu le jour ? L’idée folle de créer un UAV*, un objet volant sans pilote, vient tout droit de notre cher territoire français (oh cocorico ! 🐓). Ce dernier est avant tout une invention militaire. En effet, l’enjeu était de taille à l’époque : être capable d’établir des missions de reconnaissance sans risquer la vie des forces militaires.

C’était le deuxième jour de juillet 1917. Le français Max Boucher réussit son premier décollage de son avion de type Voisin 150 HP sans aucun pilote ! Un vol d’une distance de 500 mètres à 50 mètres au-dessus de sa tête.

Forcément, l’idée a fait le tour du globe et l’Angleterre lança ainsi son avion cible pilotable par télégraphie sans fil. Aux Etats-Unis, on sort le Hewitt-Sperry Automatic Airplane pour lancer des torpilles aériennes.

A la fin des années 90, ce sont les Etats-Unis qui lancent le premier drone militaire : le Predator ! Connu pour son envergure d’une quinzaine de mètres, ce drone d’observation, au rayon d’action de 1250 km, pouvait transporter jusqu’à deux missiles. Malheureusement, en 2017, le Predator part en retraite pour laisser la place à son petit frère “le Reaper”.

MQ-1 Predator – Le premier drone militaire au monde

Au fil des années, la technologie a évolué, les modèles se sont perfectionnés. Le drone militaire devient une mode, de plus en plus de pays s’en équipent pour effectuer des missions de surveillance et dans un second temps éliminer la cible stratégique. Le champ du possible est illimité avec cette invention !

Aujourd’hui, le drone possède de nombreuses fonctions : la prise de vue aérienne, la surveillance des troupeaux ou des champs agricoles, recherche des personnes… La numérisation est également très présente : réalisation de maquette 3D pour les chantiers, points de vue détaillés pour les cinéastes, et bien d’autres !


Pour quelles réglementations ?


L’utilisation au grand public pose tout de même un problème de taille : l’autorisation de survol des zones habitées. La réglementation est de plus en plus stricte et ne cesse d’évoluer au fil du temps. En France, les lois se durcissent, en grande partie dues aux attentats qui ont touchés le pays dernièrement.

Ce qu’il faut absolument savoir pour un drone civil pesant plus de 800 g, c’est :

        • Faire enregistrer son drone en ligne.
        • Toujours en ligne (via un site du gouvernement ou l’application via smartphone), faire une formation pour tout les pilotes loisirs de plus de 14 ans. Une attestation vous est ensuite attribuée à la fin du stage.
        • Un système de signalement électronique pour pouvoir pister son drone et savoir où il se trouve.

Si votre drone fait moins de 800 grammes, pas besoin d’autorisation, ni de formation, ni d’identification pour les faire voler !

Beaucoup de règles existent suivant diverses critères (poids, hauteur de vol, type de drone…) ou catégories, et doivent être scrupuleusement suivies par les pilotes d’aéronef. Mais voici en gros ce qu’il faut retenir.

Pour le bien des véhicules et surtout des personnes (éviter qu’un drone leur tombe dessus), il est vivement conseillé de ne pas les survoler. Si on parle de survol, on peut aussi parler de hauteur maximale autorisée : depuis 2020, elle est passée à 120 mètres !

Vous propriétaires de drones, gardez le systématiquement à porter de vue (au moins 2 km de portée) et ne le faites jamais volé de nuit ! le survol des voies publiques et lieux ouverts au public (jardins et parcs publics) sont déconseillés. De manière générale, faire voler son drone en ville c’est mal vu et interdit ! Les sites sensibles du style centrales nucléaires, terrains militaires, monuments historiques sont des zones réglementées et donc interdit de survol !

Un point des plus importants et pas des moindres : la vie privée d’autrui. Surtout si vous avez un voisin quelque peu tatillon, évitez de survoler une propriété privée et de filmer des personnes avec votre drone. Pour vous inciter à ne pas le faire, cette violation à l’intimité de la vie privée d’autrui est passible d’une peine de 1 an de prison et de 45 000 € d’amende ! A votre place je ne tenterais pas le diable.

Bien évidemment vous connaissez tous le droit à l’image, que ce soit à but professionnel ou personnel. Et bien c’est la même chose pour la prise du vue et diffusion d’images ou de vidéos par un drone. Il faut au préalable un accord des personnes concernées. Si vous voulez en faire une utilisation commerciale, il faut faire une demande d’autorisation de filmer auprès de la DGAC* et être déclaré en temps qu’exploitant de drones.

La pratique de pilotage du drone requiert un minimum de pratique et un bagage assez conséquent en aéromodélisme (avec des petits hélicoptères et ou drones pico ça marche aussi !). Il est également important et recommandé d’assurer son drone pour se couvrir, car un accident est vite arrivé ! Le pilotage est technique et certains utilise même un casque VR* pour pouvoir piloter efficacement le drone (pour surveiller une zone inaccessible par exemple).


Les nouvelles applications des drones


L’utilisation du drone ne s’arrête pas là ! Les entreprises voient d’un bon œil son arrivée sur le marche du travail et sont de plus en plus friands de cette technologie. Mais ces dernières s’avèrent limiter en connaissance et se voient dans l’obligation de créer des départements spécifiques pour ça. Des logiciels pointus qu’il faut savoir utiliser. On peut citer des entreprises spécialisées dans le développement de drones tels que Drone Volt ou encore Dronelis.

On peut dire que le Français Parrot est le précurseur du drone loisir lorsqu’il lance le tout premier sur le marché en 2010. Il permit de déprofessionnaliser le drone et donc de le rendre accessible au grand public ! A quoi vient s’ajouter le fameux DJI Phantom 3 (développée par une entreprise chinoise) pouvant embarquer une GoPro. Par contre il faut mettre la main à la poche !

On le sait tous mais l’agriculture commence tout doucement sa mutation technologique : de la surveillance des animaux, au repérage et reconnaissance des hétérogénéités des sols (Ebee), les emplois sont multiples.

Ebee – Le drone agricole autonome

Certains drones sont utilisés pour compter le nombre d’animaux dans une étable grâce à la caméra thermique qu’il transporte. Toutes les données sont historisées et archivées. Une aide considérable pour les exploitants agricoles. Le maillon de la chaîne qui manquait assurément !

D’autres permettent de créer plusieurs zones sur une parcelle pour varier la semence, ou d’en connaitre les dommages. Le drone est doté d’une panoplie de capteurs (azote, chlorophylle, biomasse…) qui permettent aux exploitants de savoir précisément la dose d’engrais et de pesticides à appliquer.

La filmographie et le journalisme également prônent l’utilisation du drone. Les réalisateurs peuvent tourner des points de vue spectaculaire et beaucoup plus précis qu’auparavant car les drones sont capables de soulever une caméra de plus de 2 kg ! Imaginez vous Le Seigneur des Anneaux tourné uniquement avec un drone ! Ce serait juste splendide !

Les reportages dans les zones à risques et difficiles d’accès peuvent maintenant être réalisés sans mettre en danger, inutilement, la vie des reporters. Les grandes manifestations ou même le Tour de France, le drone est capable de les suivre et de réduire efficacement l’utilisation du kérosène !

Les utilisations pour le loisir ne s’arrêtent pas aux simples prises de vues : en atteste la FPV Racing, une discipline à part entière dans le monde “dronique”. Ce n’est pas donné à tout le monde ! Le drone zigzague et ça devient du vrai pilotage ! Les futures législations ne sont pas non plus très tendres sur ces disciplines, ce qui peuvent freiner pas mal d’adeptes à sensations fortes et de vitesses ! Ces compétitions qu’on appelle aussi “Drone racing” et venant tout droit d’Amérique, c’est un pilote portant une lunette à réalité virtuelle suivant et pilotant son drone lui-même munit d’une caméra embarquée. Le but : arriver premier de la course et battre des records !

Drone Racing à Boston (USA) – Dunkan, le champion français

Vous connaissez le biomimétisme ? Cette technique utilisée pour “copier” et “imiter” ce que nous donne la nature. Et bien c’est ce qu’a réalisé l’Université de Stanford en Suisse en biomimétisant le comportement de la guêpe. En effet, cette dernière est capable d’acheminer son lourd butin en plein vol grâce à ces petites griffes qu’elle arbore sous ses pattes. Un mini drone, surnommé FlyCroTugs (Flying, miCro, Tugging robots), est capable de soulever 40 fois son poids. Les crochets et de l’adhésif remplacent, quant à eux, les griffes de la guêpe.

Un besoin non primaire mais déchargeable et utile, c’est par exemple, au travail, se faire amener sa bouteille d’eau par un robot-drone. Bien sur, une intelligence artificielle est configurée pour vous permettre de lui demander n’importe quoi ! 😃

Amazon pousse l’utilisation encore plus loin ! Le géant américain de vente sur internet a même posté une vidéo pour ses utilisateurs en leur proposant des services de livraison à domicile… par drone ! On a même vu des drones se transformer en service d’apéritifs sur les balcons (à Vitré city !) le temps du confinement. C’est osé, habile et très malin !!


La roue de Falkirk, une écluse originale


En voici une drôle d’innovation tiens ! Et oui les Écossais sont étonnant et regorgent d’idées plus ou moins malines et ingénieuses les unes des autres ! Construire un ascenseur à bateaux rotatif afin de relier les canaux allant de Glasgow à Édimbourg, ce n’est pas mince affaire ! Avec British Waterways aux commandes, le projet s’annonçait colossal. Rêvons plus grand ! (N’en déplaise au PSG ! 😂) C’est bien ce qu’’ils ont dû se dire lorsqu’ils ont eu cette super idée. Véritablement un véritable chef d’œuvre d’ingénierie civile, et même d’une prouesse technologique !

Mais pourquoi construire cet ascenseur me direz-vous ? Petit point historique ! Falkirk, une petite ville située au carrefour entre Glasgow et Edimbourg, était autrefois (18 et 19ième siècle) le cœur économique de la région (industrie de l’acier). Mais aujourd’hui, ce n’est plus et a laissé la place à de petits commerces (marchandises) et surtout au tourisme ! C’est pour ces raisons que la roue de Falkirk a été construite, et même inauguré par la reine Elisabeth II en personne ! Avant cela, il fallait 11 écluses pour relier ces 2 canaux, que dire de la perte de temps. Avec cette roue, il suffit seulement 5 minutes 30 pour faire monter ou descendre un bateau d’une hauteur de 25 mètres ! Le sens de rotation est programmé pour changer tous les 5 tours !

“Falkirk Wheel” en Ecosse – Principe de fonctionnement

Cette technologie mêle une multitude de corps de métiers que l’on peut trouver sur beaucoup de chantiers internationaux. Partant du principe de la poussée d’Archimède, le système ne voit pas la différence quand le bateau entre dans le caisson : la masse est le même ! Le maintien de niveau est géré par un système de régulation embarqué aussi efficace qu’économe en énergie.

Les bateaux rentrent et sortent par un jeu de doubles portes et isole les caissons en manœuvre. Les 2 branches tournent autour d’un seul axe central grâce à un système d’engrenages astucieux (3 roues fixes et 2 petites roues mobiles). Les bassins sont, quant à eux, placés dans des nacelles montées sur de petites roues qui roulent sur des rails en même temps que la roue tourne. Impressionnant non ?!


Guerlédan, un projet qui fait l’ascenseur !


Mais l’idée n’est pas arrivée dans l’oreille d’un sourd Outre-Manche. Effectivement, du côté de Guerlédan, commune des Côtes d’Armor en Bretagne, le propriétaire du barrage hydraulique des années 30 a vu d’un bon œil cette idée pour la mettre en œuvre prêt du lac de Guerlédan.

Et il aurait tout à y gagner ! A cause du barrage, la remontée du canal de Nantes à Brest est très difficile. La mairie de Guerlédan est toujours en cours de discussion pour rendre possible ce projet, le tout s’inspirant de la fameuse Falkirk Wheel écossaise.















De nombreux randonneurs et cyclotouristes viennent se balader le long du halage, alors cet ascenseur à bateaux serait une aubaine pour le tourisme fluvial. Reste le problème de la fluidité de navigation tout le long du canal : beaucoup d’écluses restent endommagées. Le projet ne risque pas de voir le jour maintenant, beaucoup de discussions entre différentes personnes restent à boucler.

Cet ascenseur c’est comme si vous faites un tour de grande roue dans une fête foraine ! Qui plus est dans un cadre aussi grandiose que le lac de Guerlédan, où nature et tourisme ne font qu’un.

Mais des ascenseurs comme cela il en existe un peu partout dans le monde : on a tout d’abord l’ascenseur funiculaire à Strépy-Thieu en Belgique, l’ascenseur au plan incliné de Saint-Louis Arzviller en Moselle qui relie la Marne au Rhin. Sans oublier celui d’Anderton, en Angleterre, le plus vieux au monde et reliant la rivière Weaver un canal du Trent.

Cet ascenseur sera à la Bretagne ce que la Tour Eiffel est à Paris“, c’est-à-dire une vitrine touristique ! D’ici 2050, le commerce maritime va doubler, d’où l’utilité d’inventer une source durable et écologique pour demain. Si on peut ajouter la source d’énergie renouvelable par dessus tout ça ce serait un magnifique message à faire valoir pour tout le monde !

Voilà ! Vous savez tout sur les drones et leurs applications sur le monde de demain (transport, sécurité, santé, surveillance…), mais également sur l’ingéniosité de la roue de Falkirk. En espérant que cet article vous a fait ravir. Si vous avez des compléments ou des suggestions à nous soumettre, ou même partager votre avis sur la chronique, je vous invites à en faire part dans l’espace commentaire. On se revoit très vite pour la suite des épisodes sur Luminews.fr !

Mais avant de nous quitter, petite question culture générale : Selon vous, quelle est le pays le plus innovant du monde ? Répondez en commentaire si vous pensez avoir la réponse !! (sans regarder sur internet bien sûr 😉)



*UAV = Unmanned Aerial Vehicle
*DGAC = Direction Générale de l’Aviation Civile
*VR = Virtual Reality (Réalité Virtuelle)

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